Cet écrit s’inscrit dans la lignée du précédent article, « Pourquoi souffrons-nous d’un biais de négativité ? ». Nous y explorions ce mécanisme psychologique par lequel notre cerveau privilégie instinctivement les informations menaçantes au détriment des pensées positives.
Fortes de ces observations validées en neurosciences, les thérapies contemporaines et l’hypnose thérapeutique s’orientent désormais vers des solutions concrètes pour générer un changement plus rapide. C’est ici qu’en hypnothérapie l’apprentissage de la défusion prend tout son sens.
Mais qu’est-ce que la défusion ?
Chaque jour, notre esprit génère spontanément des milliers de pensées (ruminations). Ce flux incessant nous accompagne dans nos activités, mais persiste également durant nos moments de repos. L’imagerie par résonance magnétique (IRMf) révèle d’ailleurs que le cerveau comble systématiquement le silence par des pensées automatiques.
Pour approfondir cette compréhension, n’hésitez pas à consulter l’article : « Mieux comprendre les pensées automatiques ».
La défusion consiste à instaurer une distance saine avec ces ruminations, surtout lorsqu’elles sont teintées de négativité. Plutôt que de subir ces pensées irrationnelles, nous apprenons à les observer sans nous y identifier.
Défusionner, c’est vouloir sortir de ce « brouillard » mental.
Le but n’est pas de faire taire le cerveau — sa nature même est de produire de la pensée — mais de changer notre rapport à celle-ci.
La plupart d’entre nous vivent en fusion avec leurs pensées : nous regardons le monde à travers le filtre de nos angoisses, ce qui peut rendre nos peurs envahissantes et disproportionnées.
Pratiquer la défusion, c’est choisir de ne plus être l’esclave de ses ruminations négatives, ni de ses anticipations anxiogènes, mais d’en devenir l’observateur conscient afin de retrouver une clarté d’esprit.
Beaucoup d’entre nous traversent la vie dans un climat d’insécurité intérieure, portés par un flot de pensées limitanteset de ruminations chargées d’angoisses.
Ce mode ‘survie’ nous prive de la joie simple d’être là, ici et maintenant, dans la vie.
Pourtant, le calme et la paix sont toujours là, juste derrière le voile des pensées automatiques.
En apprenant à se distancier de ses pensées — ce qu’on appelle la défusion — il devient possible de retrouver naturellement le chemin du présent et de la sérénité.
Comment apprendre à défusionner et à fidéliser ce nouvel apprentissage ?
Si l’explication est très simple, la pratique requiert de la patience. Cet apprentissage permet de transformer la relation avec la pensée (avec les ruminations néfastes ou les images mentales toxiques).
Pour cela, il faut apprendre à passer de « je suis cette pensée » à « j’observe cette pensée ».
Ce processus permet de se détacher de la pensée anxieuse. On découvre alors que c’est en s’identifiant à la peur qu’on lui donne corps ; ce principe s’applique tout autant à l’anxiété, à la culpabilité ou à la colère.
Notre cerveau possède un système de vigilance naturel : les amygdales du cerveau. Véritable sentinelle de notre survie depuis des millions d’années, elles sont responsables de la détection des dangers qui nous entourent.
Cependant, lorsque notre parcours est marqué par des traumatismes, cette sentinelle devient hyper-réactive. Elle finit par envoyer des messages d’alerte pour la moindre contrariété, nous submergeant de ruminations toxiques et d’une anxiété incontrôlée. En voulant trop nous protéger, notre cerveau se bloque en « mode survie ».
La défusion cognitive permet de briser ce cycle. En apprenant à dédramatiser et à prendre du recul face à nos pensées négatives et à nos images mentales.
Nous apprenons à réguler par nous-mêmes cette vigilance interne, altérée par les épreuves du temps.
Au lieu de simplement survivre sous le poids de nos automatismes sombres et de nos craintes anticipées, nous choisissons de ne plus fermer la porte aux opportunités du monde. En apprenant à nous détacher de ce tumulte intérieur, nous retrouvons enfin la liberté d’habiter pleinement l’instant présent.
Vers un nouvel horizon intérieur
Apprendre à défusionner, ce n’est pas seulement acquérir une technique de plus, c’est s’offrir le plus beau des cadeaux : le retour à soi. En cessant de vous battre contre le flot de vos pensées pour simplement apprendre à ne plus vous y noyer, vous découvrirez une vérité fondamentale : vous n’êtes pas vos tempêtes. Vous êtes le ciel qui les accueille, vaste et immuable.
Cette transition du « mode survie » au « mode vie » ouvre une porte que l’on croyait parfois définitivement close. En déposant le fardeau des ruminations et des images mentales néfastes, vous libérez l’espace nécessaire pour que d’autres émotions, plus douces et plus légères, viennent enfin fleurir.
« La paix n’est pas l’absence de pensées, mais la certitude qu’elles ne peuvent plus vous emprisonner. »
Chaque petit pas vers la défusion est une victoire sur la peur. Peu à peu, le monde reprend ses couleurs, les opportunités redeviennent visibles et l’avenir cesse d’être une menace pour redevenir un champ de possibles. Vous ne subissez plus votre histoire, vous recommencez à l’écrire, avec une clarté nouvelle et un cœur apaisé.
La sérénité n’est pas un luxe réservé aux autres ; elle est votre état naturel, et la défusion est la clé qui vous permet d’y revenir, ici et maintenant.
Apprenez vous aussi à défusionner avec vos pensées intrusives. Ne les laissez pas dicter votre quotidien. Si vous ressentez le besoin d’être accompagné(e), je vous invite à découvrir comment l’hypnothérapie peut vous aider à retrouver un apaisement naturel.