Vous êtes ici » Accueil » Partage » Cerveau & mécanismes mentaux » Notre cerveau tourne t’il en rond?

Notre cerveau tourne t’il en rond?

Cette question vient au départ d’une observation personnelle, puis d’une rencontre. Lors d’une discussion avec un neurologue, celui-ci m’a expliqué que la toute première caractéristique visible du cerveau est basée sur la répétition.

Dans une autre direction la participation à une conférence avec le psychanalyste J.D. Nasio, m’amène dans la même direction. Voilà le thème de son exposé : « l’inconscient, c’est la répétition ».

En biologie, la répétition est observée comme étant aussi la clé du vivant . On retrouve l’automatisation en tout : duplication de l’ADN, division cellulaire, battements cardiaques, respirations automatiques ou cycles des saisons. Pour faire simple on pourrait dire que la répétition permet de maintenir la vie. On constate alors que la nature ne réinvente rien, elle reproduit.

Prendre conscience que notre cerveau fonctionne naturellement par la répétition de pensées, de ruminations, d’émotions, de sentiments et bien sûr de comportements est une étape importante. Nous avançons dans notre vie par un vaste jeu d’habitudes.

Pourquoi notre cerveau répète en boucle ?

Le cerveau humain est un organe incroyablement gourmand. Chez l’adulte, il représente environ 2% de notre masse corporelle, mais il consomme près de 20% de toute notre énergie. Il y a 7 millions d’années, à l’époque de nos ancêtres, les ressources alimentaires étaient incertaines. Économiser l’énergie était une question de vie ou de mort pour nos ancêtres. Pour nous protéger et s’adapter, notre cerveau a donc pris l’habitude de tourner au ralenti dès que possible, en s’appuyant sur deux piliers majeurs : la répétition et l’automatisation.

Comment la répétition finit-elle par générer de la souffrance ?

Nous faisons tous l’expérience de répétitions positives qui nous construisent, mais nous constatons aussi que la souffrance naît lorsque des schémas négatifs se reproduisent. En effet, dès que nous sommes confrontés à un événement en lien avec le sentiment de séparation ou à la peur de l’abandon, notre système cérébral cherche à économiser son énergie en simplifiant nos réactions de manière automatique. Cet automatisme produit une suite de pensées anxieuses qui se répètent en boucle et finissent par occuper tout notre espace mental. Ce constat nous amène à réaliser que notre souffrance actuelle est directement alimentée par ce mécanisme de pensées envahissantes, dont nous devenons enfin conscients.

Comment le mal-être d’automatise t’il ?

Nous constatons régulièrement que notre esprit a tendance à répéter les mêmes scénarios anxiogènes de manière automatique. Ces monologues intérieurs répétitifs ont un impact direct sur notre état psychologique en déclenchant des sentiments pénibles et envahissants. Plus ces pensées se répètent, plus notre inconfort grandit, ce qui nous pousse à chercher des solutions immédiates pour compenser ce trop-plein de stress et retrouver un équilibre. C’est précisément dans cette recherche d’apaisement que nous adoptons, souvent sans nous en rendre compte, des comportements d’évitement. Nous comprenons alors que ces réactions, initialement choisies pour nous protéger des émotions négatives, se révèlent contre-productives et finissent par aggraver notre situation.

Comment pouvons-nous inverser ce mécanisme ?

Nous observons que notre esprit s’enferme dans des répétitions intérieures où se mélangent nos pensées, nos émotions, nos peurs et nos comportements. Lorsque ce dynamisme psychologique se répète continuellement, il produit de l’anxiété de manière totalement automatisée, et nous avons alors de grandes difficultés à nous détacher de ce fonctionnement. Pourtant, ce mécanisme de répétition psychologique existe également lorsque nous traversons des périodes de joie, d’apaisement et d’harmonie, même si nous n’en avons pas conscience à ce moment-là car nous ne souffrons pas. Il est donc important de prendre conscience que la structure de notre cerveau fonctionne exactement de la même manière pour les expériences positives et négatives. En résumé, par la répétition, notre cerveau amplifie tout.

C’est précisément l’inconfort de la souffrance qui nous pousse aujourd’hui à réagir et à nous éloigner de ces pensées automatiques génératrices de stress. Cette expérience douloureuse devient ainsi un apprentissage concret qui nous permet de prendre conscience de notre propre fonctionnement, afin que nous puissions reconnaître et nourrir volontairement nos moments de bien-être. En percevant de la gratitude lorsque nous sommes bien, nous entretenons une reconnaissance qui automatise des boucles vertueuses dans notre esprit. C’est en appréciant le retour aux moments d’apaisement que nous pouvons développer notre confiance en la vie. Nous utilisons alors la répétition comme un avantage concret qui nous permet d’amplifier activement le positif dans notre vie quotidienne.

Il semble constructif de garder en mémoire que notre cerveau automatise simplement tout ce que nous répétons dans nos ruminations sans aucune distinction.

« Ce n’est pas le cerveau qui traîne nos pensées, ce sont nos pensées qui créent notre cerveau. »

Pour créer du changement, il est important de savoir que l’hypnose est un outil puissant que j’utilise pour désamorcer les boucles mentales et comportementales. Elle permet de mieux observer et appréhender l’anxiété, souvent automatisée par les ruminations intérieures et les scénarios catastrophes.

Ma newsletter
Articles récents
Antoine Depoid
Antoine Depoid - Hypnothérapeute à Paris 20ème et en visio